Bienvenue !

 

Bonjour et bienvenue sur notre blog dédié à l'Archipel des Bijagos !


    Nous sommes actuellement en train d'organiser notre prochain voyage, destination l'Archipel des Bijagos au large de la Guinée-Bissao.

    Notre but est de vous faire découvrir ce merveilleux endroit où l'Homme et la Nature évoluent en harmonie.

    Les traditions du peuple bijogos respectent depuis des centaines d'années la faune et la flore de leurs îles. Ainsi, les eaux encerclant l'Archipel sont parmi les plus poissonneuses du monde.

    Ces îles, au nombre de 88,  abritent  une diversité d'espèces animales également très importante. Hippopotames, Varans, Crocodiles, Serpents, Singes, Phacochères sont présents sur l'Archipel et Lamantins, Dauphins, Requins, Raies évoluent dans les eaux côtières, pour donner quelques exemples.

    Cependant, des menaces pèsent  sur cet écosystème : braconnage, destruction des habitats, intérêts de promoteurs immobiliers, disparition de la culture bijogos, exploitation intensive des ressources naturelles, etc...

    Notre travail consistera alors à sensibiliser les acteurs locaux aux richesses que dévoile encore l'Archipel de nos jours, et  s'ajoutera aux études déjà réalisées par différents organismes tels que l'UICN (Union Mondiale pour la Nature),  l'ONG Tiniguena, le Bureau de Planification Côtière de l'Afrique de l'Ouest, le FIBA (Fonds International du Banc d'Arguin), etc...

    Nous allons donc partir là-bas pendant 6 mois à partir du 13 janvier jusqu'au 8 juillet 2006 et nous vous communiquerons des images ou des informations par l'intermédiaire de ce blog.

    Té utru bias,  (à bientôt en créole portugais)


Laëtitia Larénie et Jérémy Huet

 

 

 

 

Jeudi 19 avril 2007

Issu du thème "Informer ou garder le secret ?" :

 

Commentaire 1 (26/02/07)

 

je suit tt a fait de votre avis


mais la ou je ne suis pas d'accord c'est sur le fait que l'AFRIKA QUEEN contribue a péréniser cet état de fait, bien au contraire.


il m'est arrivé a plusieures reprises d'entendre le commandant MAMADOU nous demander de ne pas distribuer n'importe quoi. il nous disait que cela pouvait engendrer des attitudes qui a terme deviendraient nocives pour les villageois.


par contre , et cela n'engage que moi, j ai trouvé le travail de CLAUDE sur JAOE VERRA extraordinaire. En effet , il soigne les villageois avec les moyens du bord.Il manque cruellement de médicaments. 2tant un peu de la partie , j avais apporté pour le commandant et les iles des médicaments.Je lui en ai distribué. Faites passer le message et vous rendrez un service immédiat au village  de CLAUDE. il manque de produit de 1er urgence ( antiseptique , cicatrisant , penssements ect ect ect)Claude sait ce qu'il fait , j ai pu le constater. De plus , il a le vidal.


par contre , il est vrai que nombres d'individus qui vont a la pêche au gros  se souci comme de leur 1er chaussette des habitants pourvu qu'ils satisfassent leur passion , ce pour quoi ils sont venus! et prennenet leurs pieds en pavanant devant leurs prises!


N/B je pensais que l archipel faisait partis du patrimoin mondial de l unesco


CORDIALMENT


D FEUTRY 

 

Commentaire 2 (19/04/07)

 

Bonjour mes amis et bonjour à D. Feutry que je ne connais pas.

La question est importante... mais La réponse avec un grand L n'existe pas.
En effet, comme tu le dis Jérémy, il y a plusieurs problèmes à commencer par la déstructuration culturelle qui réussira, à terme très court, à détruire le tissus social de l’archipel là où aucune guerre d’invasion n’a réussi.

Pour ma part et vous avez pu le constater vous-même durant ces 5 mois passés ensemble sur le terrain, le premier problème est l’ouverture au monde qui pousse les jeunes à vouloir posséder ce qu’ils voient à la télé ou sur Internet (et oui, on y arrive) et donc ont un impératif besoin d’argent. Ce besoin d’argent est à l’opposé de la base sociale du monde Bijogo. C’est une marche en avant, il n’y aura aucun retour en arrière dans un temps permettant de sauver quelque chose.

Le deuxième problème est évidemment celui des implantations religieuses (le vrai cancer de l’Afrique Noire). Il suffit de voir ce qu’est devenu Acanho, première implantation Catho du coin avec un alcoolisme généralisé, une déstructuration profonde de la communauté et un effet « banlieue » évident au fin fond de l’Afrique profonde. Vous avez assisté, comme moi, mais un peu moins que moi car Endena est un peu mon village, à ce bouleversement brutal et définitif dû à l’arrivée de cette « mission » protestante nord américaine. Cette avancée des « missions » (sans oublier les musulmans) et autres outils à déstructurer ces cultures très complexes du monde animiste est l’un des facteurs les plus difficile à combattre. Car pour les empêcher de nuire, il faudrait apporter ceux que eux apportent (école, soins, développement économique de micro projets) et là, je me sens un peu seul comme « non religieux » à aller sur le terrain (je n’ai trouver personne pour financer ce type de micro projets et c’est pas faute d’avoir essayé) . Car il faut être réaliste, c’est celui qui apporte une solution (bonne ou mauvaise) mais qui la porte sur le terrain qui a raison (dans les faits). Tu peux avoir les meilleurs « solutions » si personne ne les porte sur le terrain, elles ne sont qu’intentions. Le monde animiste est un monde dure, très dure même et de l’extérieur il est difficile de comprendre la pression permanente dans laquelle vivent ses personnes. Lorsqu’on apporte une « solution » pour alléger cette pression (peur animale justifiée de mourir pour avoir « fait une faute »), les personnes ont tendance à tout prendre d’un coup et à jeter toute leur culture (y compris ce qu’il y a de très positif) avec la peur qui est à la base de leur quotidien. Je rappelle que lors de notre « expédition » de nombreuses personnes sont mortes, que depuis notre retour, plusieurs de nos connaissances sont mortes, que lorsque je vais retourner sur place dans un mois, on va me faire le point des derniers morts… tous d’empoisonnement ! Il y a de quoi avoir envie de vivre dans un autre système de penser.

En fin, il y a le tourisme, qui sera inévitable pour apporter de l’argent (et que tous veulent – Bijogo comme autorités de Bissau) et qui apportera une forme de déstructuration bien connue. C’est pourquoi, plutôt que d’aboyer en laissant passer le train, je préfère m’engager dans ce développement pour avoir au moins une influence sur lui. Pour ce qui est de l’Africa Queen il est ni plus, ni moins destructeur que les autres formes de tourisme. Il a juste un défaut au niveau local, c’est de « disperser » ses « influences » sur un grand nombre de points et villages. Il est très facile sur le terrain de reconnaître un village où descendent les touristes de l’Africa Queen, réaction des enfants et des adultes, marchandage de tout, impolitesse selon les critères traditionnels… En tant d’Africain (blanc, mais africain tout de même) et amateur avertis de la protection des écosystèmes, j’en suis venu à préférer de beaucoup des implantations touristiques « balnéaires » cadrées et fixées en des point géographiques précis et limité (même avec 10 000 touristes par an) à toute forme de « tourisme écologique » ou éco-tourisme. Cela peut sembler stupide, mais je vous assure que 10 000 « balnéaires » font moins de dégâts sur le terrain que 500 « écolos » qui se promènent partout. L’équilibre est très difficile à trouver. Nous allons de toute façon vers une déstructuration profonde, rapide et durable de l’Archipel et des mondes Bijogo (car il ne faut pas oublier la complexité culturelle de cet archipel). Il n’est donc plus temps de se poser la question « doit-on en parler ou non », mais comment entrer dans la danse pour y prendre une place suffisamment significative pour avoir une chance d’influencer cette évolution en cours.

Pour ma part, j’ai fait le choix de continuer à prendre une place,… il n’y a que de l’intérieur que l’on peut faire évoluer les choses, c’est ma conviction d’homme de terrain.

D. Feutry, tu dis être du monde médical, je te prends à ton discourt, qu’es-tu prêt à faire pour organiser une assistance médicale aussi légère soit-elle mais faible dans le temps ? Moi, j’ai une certaine place dans ce monde Bijogo, mais ne suis pas médecin et mes finances sont totalement mobilisées dans d’autres projets sur l’archipel. Si tu veux passer du discourt à l’acte, contacte-moi.

Amitiés à tous,

Jean-François

 

Commentaire 3 (20/04/07)


Désolé pour les fautes d'orthographe, je fais partie des gens qui ne se relisent pas (faute de temps aussi).

Hier je n’avais pas le temps d’aborder concrètement les projets en cours.

Donc pour ceux que cela peut intéresser, je suis en train d’aider un microprojet de pêche pour 3 personnes. Ce model étant reproductible microprojet par microprojet. Il faut toutefois qu’il démarre d’une demande locale et non d’un choix extérieur. Le coût de départ est de l’ordre de 6500 € (petite pirogue, moteur 15 cv, matériel de pêche).

D’un autre côté, je monte un verger et un potager « model » avec une possibilité de venir faire des stages de formation pour les agriculteurs Bijogo (le technicien formateur est Casamançais) et salarié par moi, mais aussi engagé à titre personnel, c’est indispensable. Je le fais sur mes fonds propres et suis ouvert à toute participation financière et technique. Coût annuel 5000 €.

Il y a une place à prendre pour la continuité d’un projet qui fonctionne mais qui a encore besoin de soutien et d’un tout petit peu d’argent (450 à 1000 € par an), qui est la production et la commercialisation de miel (de très bonne qualité).

Il y a des écoles à construire et à faire fonctionner. Une école villageoise coûte 4500 € à construire (1 classe et logement instituteur). Le fonctionnement est de 12 000 € par an (salaire de l’instituteur, matériel de classe pour 60 élèves et repas du midi pour les élèves). C’est une demande des Homi Grande pour entrer dans ce monde extérieur sans se faire détruire par une culture autre. Le model sera 4 heures de cours « classiques » le matin ou l’après midi (selon l’age) et 2 heures de cours « traditionnels et pratiques » dispensé par les Homi Grande.

Il y a de la place pour des microprojets d’élevage, de commerce de produits locaux, de tourismes villageois cadrés, de santé publique, de transport, de formation professionnelle,…

Pour ceux qui veulent agir dans le concret, il y a de quoi faire… avec lucidité et donc réactivité et patience.

JF Floch
Par Larénie/Huet - Publié dans : Accueil
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